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En route vers un « Bro-Bowl »

Photo source: silverandblueblood.com (AP Photo/Ben Liebenberg)

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Plusieurs espéraient voir un tel rendez-vous l’année dernière mais il aura bel et bien lieu dans deux semaines : les frères Harbaugh s’affronteront sur les lignes de côté au Super Bowl XLVII. Les 49ers de San Francisco et les Ravens de Baltimore seront les vis-à-vis en Nouvelle-Orléans le 3 février et ces deux équipes ont pleinement mérité d’être là. Je reconnais que ce n’est pas tout à fait ce que j’avais prédit mais donnons-leur le crédit qu’ils méritent.

Cela dit, les Falcons d’Atlanta ont véritablement trouvé le moyen de crouler sous la pression après avoir pris les devant 17-0 face aux 49ers. Je croyais pourtant qu’ils avaient vaincu leurs démons la semaine dernière en arrachant la victoire aux Seahawks mais ce ne fut pas le cas. L’erreur de Matt Ryan, à la porte des buts, alors qu’il a perdu le contrôle du ballon, aura été fatale. Il avait une très belle chance de faire basculer le momentum et d’asséner un dur coup aux 49ers lorsqu’il a commis ce revirement. Tu ne peux pas, à domicile, laisser filer une telle avance dans un match éliminatoire. Pour gagner, les Falcons avaient besoin d’un Matt Ryan en pleine possession de ses moyens mais il aura finalement coulé les siens avec deux bourdes, dont cette échappée.

Mais les 49ers n’ont jamais paniqué. C’est une équipe intimidante et elle a une fois de plus prouvé pourquoi. Je suis certain que les Ravens auraient préféré se mesurer aux Falcons plutôt qu’aux 49ers. Ils ont appliqué leur plan de match à la lettre. Crabtree et Davis ont été mis à contribution et Colin Kaepernick, un jeune quart inexpérimenté, n’a jamais paniqué. D’autant que lors des trois premières séquences en attaque, rien ne semblait fonctionner pour San Francisco. Il n’a certes pas été extraordinaire mais au final il aura complété 16 de ses 21 passes tentées, n’en ratant que cinq dans tout le match. De plus, sans courir avec le ballon, il aura forcé les Falcons à s’embourber dans leur propre plan de match, créant des ouvertures pour des joueurs qu’ils n’avaient pas vraiment pris en considération. Personnellement j’ai été impressionné par l’aplomb de Kaepernick.

Autre élément qui aura fait basculer le match à la faveur des 49ers, la guerre de tranchées entre leur grosse ligne offensive et le plus petit front défensif des Falcons qui a fini par s’effondrer, permettant à Frank Gore de gagner des verges au sol et gruger l’horloge au moment opportun.

Si les 49ers forment une équipe intimidante, on peut dire la même chose des Ravens. Les Patriots m’ont semblé plus ou moins préparés, comme s’ils étaient certains d’entrée de jeu que leur place était au Super Bowl. Cela nous a donné, surtout en première demie, un match plutôt terne et ennuyeux. Le genre de match, me disais-je, que les Patriots trouvent toujours le moyen de gagner. Mais il leur manquait cette étincelle qui fait la différence tandis que les Ravens jouaient nettement avec plus de passion et d’urgence. C’était notamment visible en deuxième demie alors que le quart Joe Flacco a élevé son niveau de jeu d’un cran.

Son entraîneur-chef lui a lancé un défi et il l’a relevé avec brio. Il a profité des blessures subies par certains joueurs des Patriots et nous force aujourd’hui à le considérer non plus comme un quart arrière ordinaire mais bien comme quelqu’un qui mérite d’être considéré parmi les cinq ou six meilleurs de la NFL. Il n’a peut-être pas la prestance des Manning ou Brady, il peut facilement passer inaperçu malgré ses 8 victoires en 12 matches éliminatoires, mais il livre la marchandise, de ça on ne pourra plus jamais douter. Je le surnomme désormais, à cause de ce qu’il vient de réaliser, l’assassin silencieux. Les Ravens lui ont remis le ballon en deuxième demie, ont cessé de courir et il a réussi les gros jeux en plus de bien gérer le match. Surtout, il n’a pas commis d’erreur. Peu importe l’issue du Super Bowl, dans une année où son contrat vient à échéance et où il pourra tester le marché des joueurs autonomes, il vient de s’assurer de gagner le gros lot dans quelques mois.

Encore une fois, les revirements auront été très couteux. Il y en a eu trois, tous contre la Nouvelle-Angleterre qui, en cinq visites dans la zone rouge, n’aura marqué qu’un seul touché. Ajoutez à cela deux passes échappées qui ont forcé les Patriots à dégager plutôt que de se voir accorder des premiers jeux, et vous comprendrez que l’équipe de Belichick est aussi à blâmer, sans rien vouloir enlever au mérite de Flacco et des Ravens. Mais en bout de ligne, encore une fois, c’est l’équipe qui aura commis le moins d’erreurs qui passe au Super Bowl.

Cela nous donnera un Harbaugh Bowl dont on n’a pas fini de parler. Les deux prochaines semaines s’annoncent vraiment intéressantes!